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 the greatest (robb)

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MessageSujet: the greatest (robb)   Mar 22 Nov - 18:37

Evie danse. Elle glisse sur le sol, les yeux mi-clos et l’air absent quelque part entre ici et un ailleurs qu’elle rêve toujours plus beau et lumineux. Quand elle s’oublie derrière la grâce insoupçonnée de son corps chétif, elle se sent libre. Elle n’est plus Evie, cet automate qui prétend jour et nuit et qu’elle remonte chaque matin pour trouver la force, le courage de colmater ses failles et ses plaies béantes jusqu’à en faire de jolis jardins et des forêts ensoleillées. Elle est autre chose, une illusion, un mirage ou plutôt un miracle, onirique et éphémère, à la beauté ensorcelante. Evie danse, effleure ou s’envole et dans ses pas, dans ses gestes, elle écrit des mots à l’encre impalpable qu’elle seule peut lire. Elle n’est jamais plus sincère que lorsqu’elle danse et paradoxalement, jamais si peu elle-même entièrement abandonnée à la musique, papillon quittant sa chrysalide pour trois, dix ou soixante minutes. C’est la sonnerie du réveil de son portable qui la coupe en pleine chorégraphie. Evie touche terre lentement, comme une plume qui tombe au sol. Sortie d’un long sommeil, elle cligne des paupières à plusieurs reprises et il lui faut bien quelques secondes pour se replonger dans cette réalité, sa réalité. Le réveil résonne encore et elle réalise enfin la raison. Robb. Elle est en retard ou du moins le sera si elle prend le temps de repasser chez elle. Mince. Evie se relève prestement, range ses affaires en un temps record et emprunte une serviette qui ne lui appartient pas pour sauter sous la douche. Elle pourrait écrire, s'excuser, décaler, mais c'est Evie : elle n'en fera rien. Elle préfère se plier en quatre, courir à s'en brûler les poumons plutôt que de prendre le risque de le décevoir, Robb comme quiconque. L'eau chaude roule sur ses muscles souples, à peine endoloris par un long entraînement et elle ne se sèche qu'à moitié, renfilant bien vite un justaucorps à manches, une jupette fluide et ses guêtres sur sa peau moite pour ne pas être en retard. Souvent dans ses pensées, perdue dans les affres de sa mémoire douloureuse, Evie se révèle étourdie. Aussi est-elle partie sans vêtements de rechange persuadée de ne faire que l'aller-retour entre la salle de yoga et son domicile. Ses cheveux détrempés coulent dans son dos et ne manqueront pas d'onduler de la plus folle des façons mais tant pis, elle fonce. Elle avale la distance en entrechats gracieux, pour rejoindre le point de rendez-vous. Le même point de rendez-vous qu'il y a cinq, dix, quinze et même vingt ans... mais dans une ville différente. Loin du quatrième banc sur la droite, en partant de la quarante-deuxième rue côté ouest, loin de central park mais dans une autre étendue de verdure. La seule différence, c'est le banc. Celui-ci ne porte pas leurs initiales, entourées non pas d'un coeur d'amoureux mais d'un cercle, symbole d'infini et de pureté. Un R et puis un P entrelacés, gravés à l'opinel sous le regard effarouché d'Evie pour qui la discipline était un concept très important, auquel on ne devait pas déroger, jamais.

Le souffle à peine bousculé, elle a le toupet d'arriver en avance devant le banc inoccupé. Elle sourit dans le vide, à tout le monde comme à personne, peut-être qu'elle sourit pour ce frère qu'elle imagine toujours veiller sur elle (en faisant un job ma foi assez raté), et finalement se laisse tomber sur le banc. Evie s'assoit en tailleur, perdue dans un manteau trop grand et attend son bel inconnu, l'étranger devenu familier au fil des rendez-vous jamais manqués. Malgré les interdictions, malgré les hématomes ou les plaies parfois voyantes pour lesquelles on la confinait à l'intérieur, malgré la météo, malgré la vie et ses aléas, Evie a toujours bravé les obstacles pour ne jamais manquer Robb. Elle l'a fait, une fois, une seule, quand la police la questionnait sur le drame de la veille et qu'elle persistait à s'accuser sans se douter qu'elle ne faisait qu'aggraver le sort de son frère. Mais c'est tout. Enfant, elle imaginait même Robb comme un ami imaginaire ou un ange gardien avec ses jolies bouclettes, en tout cas un être bienveillant issu de son imagination qui apparaissait comme par miracle une fois par mois pour la baigner d'une aura rassurante, l'écouter sans juger, l'étreindre ou juste se taire et serrer sa main minuscule entre ses doigts. Dans ce monde d'enfant recluse et soumise aux pires travers des adultes abusifs, on ne pouvait pas être gentil ainsi, sans raison, donc Robb était devenu une chimère de son imagination, qu'elle essayait d'écouter, de conseiller et d'aider elle aussi, avec son visage grave d'enfant trop mature. Et au fil des rencontres, Evie a fini par réaliser que le monde ne se bornait pas à ce qu'elle en connaissait et que dehors, tous ne lui voulaient pas du mal. Elle a mis longtemps à s'ouvrir, à dépasser ses craintes et sa méconnaissance de tout ce dont on la privait mais elle sait, avec une intime conviction, qu'elle lui doit beaucoup. A lui, qui un jour a posé son regard sur une môme silencieuse et isolée. Ce n'est plus le cas aujourd'hui même si Evie n'est qu'un mécanisme monté à la va-vite, susceptible de sombrer à tout instant. Ce n'est plus le cas parce qu'elle lutte chaque jour, elle nage à contre-courant au lieu de se laisser noyer par son passé, sourit au lieu de s'effondrer et tente de répandre le bonheur autour d'elle en espérant que quelques miettes l'atteignent, elle. Malgré le traumatisme de la guerre vécue différemment, mais vécue tous les deux, malgré la Syrie et l'enfer des otages. Malgré ça,  ce rendez-vous tient toujours, doté des mêmes règles qu'auparavant. Ils ont seulement grandi. La silhouette significative de Robb se découpe au loin et le visage d'Evie s'éclaire d'un naturel éblouissant, nimbé de la lueur d'une joie reconnaissante. Elle le suit du regard et se lève à son approche pour l'étreindre avec sa délicatesse coutumière. « Bonjour. » Elle le salue de sa voix rauque, basse mais presque inaudible. Un sourire effleure ses lèvres alors qu'elle le dévisage et il ne la quitte pas, quand elle embrasse sa joue pour le saluer. Un seul baiser, là encore c'est un grain de souvenir, une relique de leur protocole d'enfants. Evie se rassoit en tailleur sans prendre de place, ses jambes nues sous son manteau traversées d'un frisson, et darde sur lui ses opales mouillées au sein desquelles on se noierait. Elle dévisage d'une façon singulière, avec douceur qui caresse mais aussi un intérêt accru qui ne diminue jamais. Quand elle fixe, elle donne l'impression de voir plus loin, de déceler et d'apprivoiser l'âme, de démêler les secrets et surtout de ressentir une profonde empathie. Rien d'autre que des beaux sentiments, ceux qui élèvent et apaisent. C'est ce qui la rendait si bonne reporter et c'est également ce qui la fragilisait au contact de la population : leur douleur, leur souffrance, elles devenaient siennes. Et toute à son observation, elle conserve un silence saisissant, qui n'est jamais gênant entre eux. Evie est conciliante, elle laisse toujours la main. Aussi elle offre à Robb les rênes de la conversation et même de leur après-midi, sans piper mot : c'est implicite et surtout c'est déjà écrit.

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I walked across an empty land, I knew the pathway like the back of my hand. I felt the earth beneath my feet, Sat by the river and it made me complete. Oh simple thing, where have you gone ? I'm getting old and I need something to rely on. So tell me when you're gonna let me in, I'm getting tired and I need somewhere to begin. This could be the end of everything, So why don't we go Somewhere only we know ?

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