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 i'm the fury in your head (evie)

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Posts : 143
Pseudo : a girl has no name.
Id card : alicia vikander, balaclava.
Multinicks : lloyd perfect sterling.
Inscription : 15/11/2016
Civil status : in a relationship (sort of).
Job|Studies + $ : ex-war reporter, wedding photographer $$$.
Playlist : hallejullah (jeff buckley), perfect day (lou reed), wild world (cat stevens), people are strange (the doors), a whiter shade of pale (procul harum), bohemian rhapsody (queen), life on mars (david bowie), gods and monsters (lana del rey), chandelier + breathe me (sia), earnestly yours (keaton henson).


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MessageSujet: i'm the fury in your head (evie)   Mar 15 Nov - 19:56


evie callaghan
[How do you go back to being strangers with someone who has seen your soul ?]

âge | lieu de naissance le queens, new york, un quartier sordide pour une maison sordide et une famille qui l'est tout autant. elle a 27 ans, 28 dans une poignée de semaines. origines | nationalité américano-américaine. situation financière ($$$), ancienne reporter souffrant de PTSD, elle s'est reconvertie dans l’organisation et la photo de mariage. elle qui espérait changer le monde, le rendre plus beau, en suturer les plaies jusqu'à l'entêtement a décidé de se raccrocher à ce qui est déjà magnifique, dans une vaine tentative de revivre, de coloniser un bonheur qui n'est pas le sien. statut civil emprisonnée dans une relation morte en Syrie à laquelle elle se raccroche malgré tout. Comme lui. orientation sexuelle hétérosexuelle. caractéristiques physiques des cicatrices disgracieuses, des brûlures de cigarettes, des hématomes jamais tout à fait effacés. une carte au trésor d'une vie d'abus, la tyrannie du père puis celle du monde. Evie ne les cache pas. Ce n'est pas une victime mais une survivante. secret inavouable Elle est secrète par nature, bien qu'elle porte son coeur entre ses doigts et ses émotions sur ses traits aquilins. Elle dit peu. lieu favoris east quogue. traits de caractère indépendante dans sa vie, dépendante de ceux qui la peuplent, insaisissable, intelligente, fascinante, énigmatique, féline, douce, émotive, peu loquace, généreuse, réservée, passionnée, parfois cynique, blessée, sensible, méfiante, secrète, perdue, complexe, altruiste, influençable, avenante, fragile, attachante, tendre, conciliante, compréhensive, brisée, attentionnée, éthérée, réfléchie, observatrice, idéaliste ternie, romantique, rêveuse, sincère, fidèle, désintéressée, à fleur de peau, écorchée, souriante souvent, parfois taciturne, résignée. (...) groupe mankind.

[ keep holding on ]

01. 2 janvier 1996. Je crois que papa m'aime pas. C'est ainsi que commence le premier journal intime d'Evie, alors âgée de sept ans et c'est le mot qui revient le plus souvent, griffonné par milliers au sein de dizaines de carnets abîmés. En l'espace des années de son histoire couchée sur du papier, le mot papa est omniprésent. Souvent écrit à la va-vite, parfois jeté rageusement jusqu'à crever le papier, il est partout, plaie ouverte, hématome douloureux, éternelle fracture. Evie n'a jamais su composer avec cet homme, comme tout le reste de sa famille mais contrairement aux autres, elle n'a jamais cessé d'essayer. A tort, diront-ils et ils ont raison. Elle s'est acharnée, pour rien, un brin d'affection, un peu d'amour, un regard moins sévère que les autres, un geste qui ne soit pas un coup. Quelque chose de vrai, un peu de normalité dans une existence secouée par la maladie. Une maladie sournoise, insidieuse et inconnue sur laquelle personne n'a jamais su (pu?) mettre de mots. Invisible, impalpable, elle a pourtant toujours été là, puisque Papa n'a jamais consulté. Papa c'est ce fantôme en pyjama qui hantait les murs, de l'après-midi jusqu'à tard dans la nuit. Un homme faussement fragile, supposément toujours fatigué, trop pour se lever le matin, trop aussi pour participer aux tâches ménagères juste bonnes pour les femelles mais pas assez pour rester tranquille ou se montrer clément, lorsqu'il se sentait irrité, agacé, dépassé. Et dépassé, il l'était toujours. Evie se rappelle qu'il suffisait d'un rien pour le mettre dans une colère noire, qui déployait ses ailes pour mieux se refermer sur elle jusqu'à l'étouffer telle une cage trop étroite. Au début de l'année scolaire, par exemple, chaque année. On lui demandait le métier de son père et elle répétait naïvement la question honnie dont la réponse déclenchait une pluie acide de mots couteaux et de grands gestes vengeurs. Il répondait toujours quelque chose de différent, agrémentant ses mensonges de détails auxquels une enfant ne savait résister : une année, il était un agent secret, un monsieur très important qui luttait contre le mal. C'est la raison pour laquelle personne ne pouvait pénétrer dans leur domicile ou pourquoi il la réveillait en pleine nuit pour des jeux lugubres sans réaliser le trouble qu'il causait. Une enfant terrorisée par le noir et le croquemitaine qui l'attendait devait veiller des heures dehors, en pleine nuit, dans l'attente d'un messager ami qui ne venait jamais, traverser la ville porter des messages secrets (plein d'injures, elle l'apprendra bien plus tard) à des adresses données ou se détruire le dos sous des poids bien trop lourds pour être prête quand il serait l'heure de la relève. Quand il n'était pas agent secret, il était pilote de chasse et lui faisait croire qu'il téléguidait les nombreux avions qui survolaient New York, ou médecin en retraite et quand il l'examinait, il ne manquait jamais de pincer sa peau trop pâle ou de cogner ses os saillants. Mais c'est dans ces rares moments, aussi, qu'Evie avait l'impression d'être proche de son papa, de le toucher du bout du doigt. Dans ses mensonges éhontés, dans le feu de sa maladie. Sans doute une mythomanie aigüe, un début de schizophrénie, un soupçon de paranoïa. Evie ne l'a jamais su. Ce qu'elle raconte au fil des pages en revanche, c'est le manque. Le manque d'un père, d'une figure paternelle à qui se raccrocher, à rendre fier et à aimer. C'est son acharnement jusqu'au boutiste à essayer. Essayer de l'aimer en dépit de tout et en dépit de lui, essayer de tout lui pardonner, de panser ses blessures, de nettoyer le sang et de murmurer "ça va", "ce n'est rien", dans les rares instants de lucidité où il semblait se réveiller et prendre conscience du monstre qu'il était. Evie a souffert, beaucoup. Mais contrairement à ce que certains pensent en silence, elle n'a pas souffert de la violence, de la rage animale qui déformait ses traits trop souvent. Papa n'aimait rien et un rien suffisait à le pétrifier de colère. Une colère sourde, un grand trou noir qui avale tout et auquel il s'abandonnait entièrement comme une divinité ayant oublié le sens du mot miséricorde. Il n'aimait pas ses rares mauvaises notes mais ne la félicitait jamais des bonnes. Il détestait qu'elle ne rentre pas immédiatement après l'école ou grandisse. Il ne supportait pas la danse et la féminité, les invitations aux goûters et la maladresse. Il n'aimait rien, même qu'on lui cède tout puisque la docilité était un rempart contre la punition et la violence qu'il affectionnait tant. Tout ça, Evie l'a subi. Elle en a versé, des larmes, elle en a offert, des câlins à un petit frère trop jeune et qui ne comprenait pas, elle en a pris des coups, pour lui, pour le préserver, le protéger et finalement, les cicatrices, les bleus et le sang, on s'y habitue. Ce pour quoi personne n'est réellement paré c'est l'autre violence. Celle qui n'a ni forme, ni nom, le constant déni, les tortures psychologiques. On ne se remet jamais tout à fait du manque d'amour, de considération. Un amour qu'elle cherche, assidûment.

02. Evie ne sait pas ce que c'est, de ne pas douter, de ne pas se remettre sans cesse en question, de s'aimer. Contrairement aux autres enfants qu'on encourage sans cesse pour les voir se construire, elle a du faire ce travail seul et l'ensemble n'est pas solide, prêt à s'écrouler à la moindre brise. Son papa ne l'a pas aidée, ni en tant qu'enfant, et encore moins en tant que femme. Il détestait les femmes, viscéralement, elles qui n'étaient que des putes ou des salopes. Il crachait ces mots comme autant d'insultes dégoûtées et ne manquait jamais de jeter les tenues jugées indécentes, c'est à dire tout ce qui se montrait trop près du corps ou au-dessus du genou. Toute fille était de base parfaitement inutile, inférieure aux hommes en tous points et pétrie de défauts. Mais passé la puberté, invariablement, toute femme était une traînée, point. Longtemps grignotée par la folie toxique de son père, Evie a été effrayée à l'idée de grandir et de devenir une femme, ce mot injurieux qui lui faisait peur, comme si un grand changement allait s'opérer en elle et qu'elle allait subitement devenir une chose affreuse, terrible...  Il lui a fallu du temps pour apprécier ses (rares) courbes et comprendre qu'elle pouvait plaire, elle aussi. Il lui a fallu les regards appuyés qui la rendaient mal à l'aise, des mains désireuses et des baisers fiévreux d'hommes qu'elle a profondément aimés. Mais c'est Ethan, son petit ami actuel, qui a su réparer ses fondations et lui offrir un semblant de stabilité émotionnelle. Jusqu'au cauchemar.

03. 15 juillet 2000. Maman a encore pleuré aujourd'hui, ça fait trois fois et ce n'est que mardi. J'ai du mal à la comprendre, à savoir ce qu'elle pense ou ressent... L'incompréhension est le sentiment qui a longtemps guidé Evie lorsqu'il s'agit de sa maman, invisible, presque transparente. Elle n'a jamais vraiment été présente et dans les souvenirs de sa fille, jamais elle ne s'impose. Les rares images qu'elle conserve d'elle, c'est sa silhouette recroquevillée au-dessus de l'évier, à éplucher des légumes, jour après jour. Quand la voix grave et enrayée retentissait, elle disparaissait, elle s'enfonçait en elle-même et baissait la tête, refusant de croiser le grand regard suppliant d'Evie. Souvent, ses lèvres closes chantonnaient une berceuse, une chanson douce, une mélodie censée apaiser, mais qui ? Car cela ne fonctionnait ni sur le géant de rage qui beuglait et frappait et encore moins sur la petite rouée de coups qui ne comprenait pas pourquoi sa maman ne la protégeait pas. Parfois, dans un rare acte de courage, elle osait un "laisse la petite" mais la plupart du temps se contentait d'un "pas le visage", lâcheté personnifiée. Au fond, Evie ne connaît pas sa mère. Pas du tout. Elle ne sait d'elle que son visage émacié et les rides d'expression de son front, sa voix fuyante et sa façon de se déplacer en frôlant les murs, sans faire de bruit. Elle ne connaît pas sa couleur préférée, ni ses rêves ou ses envies. Et le pire ? Elle croit qu'elle s'en moque. Si son père a marqué sa vie, bien que négativement, sa mère a à peine laissé une goutte d'eau sur sa toile de peinture ravagée.

04. Malgré tout, Evie ne conserve pas que des souvenirs âpres de son passé. Elle ignore si c'est un voile de protection bienvenu offert par son cerveau ou juste une réalité qu'elle a appris à déformer, mais elle se rappelle plus facilement des bons moments. Des rares, mais bons moments. Elle enjolive ceux de son papa dans une vaine tentative de redorer son blason rouillé mais chérit principalement ceux vécus avec son frère, Aaron. Aussi blond qu'elle était brune, plus grand et costaud que le reste de la famille, doté d'un large sourire espiègle reconnaissable entre mille avec sa dent vrillée et de grands yeux d'un vert vif, impossible de ne pas l'aimer, irrémédiablement. Evie tomba amoureuse à l'instant où elle grimpa sur un tabouret pour observer, curieuse, le bébé qui gazouillait. Étrangement, Aaron ne fut jamais la cible du père. Souvent, elle le protégeait, le couvrait, s'accusait à sa place elle qui n'était pas du genre bougeon, à casser les vases et à dessiner sur les murs décrépis d'ennui. Mais même sans ça, papa l'ignorait. Constamment. Comme sa mère, Aaron n'existait pas à ses yeux et Evie, trop jeune pour comprendre, ne réalisait pas ce que cette ignorance signifiait. Elle croit le savoir avec le recul : Aaron n'était sans doute pas son enfant. Il avait cette chance infinie mais elle doute qu'il le sut. Qu'importe, il était et restera à jamais son frère. Le seul à savoir lui décrocher de grands éclats de rire qui tonnaient comme l'orage et à la faire se sentir mieux rien qu'en l'appelant de ses "Hey Evie !!!" rauques, bruyants, désespérément brusques. Là où Evie était toutes en nuances, teintée de gris et de silences, de sanglots silencieux et de rêves chimériques, Aaron était une tornade, un arc-en-ciel, le gosse qui faisait fondre n'importe qui et n'écoutait... personne. Toutes les interdictions qu'on infligeaient à Evie lui passaient au-dessus de la tête et il disparaissait puis surgissait quand bon lui semblait. Malgré ses airs fripons, Aaron était un brave gosse, profondément gentil et aimant. Il était simplement plus fort ou plus indifférent, incapable de laisser les ténèbres de l'appartement l'envahir pour le rendre, lui aussi, terne et silencieux, triste et conciliant. Aaron n'a jamais été conciliant. Son mot préféré ? Non. Il répétait non constamment, pour tout, pour rien, et ne disait oui que lorsque la question posée incitait à un non. Jamais d'accord plus par pitrerie que réel principe, il était de ces gosses infernaux dont on ne sait que faire, puis de ces adolescents qui échappent à tout contrôle. Sauf au sien. Evie savait toujours où était son frère et lui demandait si peu qu'aucune de ses requêtes ne se voyait mises par un KO par ses "non" irrévocables de sa voix de ténor fier de ses bêtises. A la fois mère et soeur, parfois même davantage, presque jumelle, le lien qui l'unissait à son frère était au-dessus du ciel et des étoiles, de la galaxie et de l'univers entier. Il suffisait de sa présence, d'un regard, d'un mot pour alléger le poids sur ses épaules ou les hématomes clairsemés sur sa peau. Même après. Car après cette nuit qui a fait basculer toute leur vie, rien n'a changé. Le sang vicié du parricide aurait pu souiller leur lien, le ronger jusqu'à l'étioler mais au contraire... le pourpre à jamais sur leurs doigts et ce sentiment d'injustice après le procès d'Aaron a fini de les souder. Chaque semaine, Evie s'est rendue en prison et chaque semaine elle a laissé des petits bouts d'elle, des petits riens. Des livres et des annotations dissimulées entre les pages, de longues lettres touchantes et des polaroids souriants, des breloques sans valeur chargées de souvenirs... Ni Evie, ni Aaron n'ont jamais manqué ce rendez-vous et jamais le jugement ou les regrets n'ont entaché ce lien. C'est la maladie qui s'en est chargée, bien trop vite. Des mois sous étroite surveillance à l'hôpital, la peur (panique) de le perdre pour l'une et la peur de mourir pour l'autre ont fait naître des tensions difficiles à résoudre. Evie, trop anxieuse, trop protectrice, trop présente sans doute. Aaron, trop irritable, trop défaitiste, trop indifférent à son propre sort. L'acharnement des médecins et les prières silencieuses d'une soeur qui ne croyait pourtant à rien d'autre qu'en lui n'ont pas suffi et Aaron s'est éteint dans la fleur de l'âge, teintant le coeur d'Evie de l'amertume des regrets. C'est pour lui, qu'elle a décidé de partir à l'autre bout du monde, à la fois pour noyer sa peine que pour sauver le monde après n'avoir pas pu le sauver, lui. Bien qu'il ne soit plus là physiquement, le fil n'est pas rompu et Aaron est partout. Dans les photos sur les murs pastels de sa chambre, sur les bibelots qui trônent sur ses étagères, dans ses t-shirts, immenses, qu'elle porte pour dormir ou respire parfois à pleins poumons dans l'espoir qu'ils aient conservé son odeur. Dans ses mots, enfin, toujours élogieux et tendres à son égard mais aussi au cimetière, où elle lui rend visite comme avant, à la prison, depuis son retour. Chaque semaine, à l'heure de ses visites hebdomadaires, elle se recueille sur sa tombe et s'entête à toujours la fleurir plus que de raison, comme si elle n'était pas seule ou presque à s'y rendre constamment. Evie s'assoit sans prendre de place, elle se recroqueville au bord de la pierre froide et lui parle. Sans fard ou tristesse d'aucune sorte, comme s'il était encore vivant, assis près d'elle à boire ses paroles en gesticulant. Elle lui raconte ses journées et ses joies, ses amis et ses amours. Elle n'évoque que le positif, toujours, et ne lésine jamais sur les détails tout en nourrissant l'espoir fou qu'il veille sur elle, d'un là-haut auquel elle ne croit pourtant pas. Pourtant, elle a été trop abusée pour croire à un ange gardien.

05. Libérée de la tyrannie du père et bénéficiaire d'un minuscule pécule (leur mansarde délabrée), Evie a mis de longues années à goûter à sa liberté. Elle avança sur le fil de la vie avec la prudence méticuleuse d'une octogénaire ou d'une marionnette dont on venait de couper les fils : paumée, groggy. Brimée par la pensée de son frère enfermé pour l'avoir aidée, elle, elle a longtemps évolué au sein d'une bulle de solitude, perdue dans une ville trop grande pour elle. Oiseau de nuit, proie craintive, Evie a longtemps frôlé les murs, effleuré la vivacité new yorkaise s'en oser s'y mêler. Mais elle a pris son destin en main, avec une obstination peu commune, redoublée après la mort d'Aaron. Elle aimait l'art et la photographie, elle aimait écrire et raconter, elle voulait protéger, sauver, embrasser le monde et le suturer alors elle deviendrait reporter de guerre. C'est une vocation étrange pour une fille fragile comme elle, abusée et maintes fois rafistolée mais ce fut la sienne. Et loin des scandales d'une vie étudiante tapageuse, Evie s'est offert le moyen de ses ambitions en s'offrant haut la main un diplôme de sciences politiques / droit international à dominance journalistique. Il ne lui manquait plus que le déclic pour tout quitter pour le terrain et la grande inconnue : la perte de son frère.

06. Entre un diplôme prestigieux et des photos sensibles, émotives, Evie n'eut pas grand mal à se faire embaucher par une célèbre agence de presse, tout en écrivant également des articles de fond, d'analyse, de prise de position, pour un grand journal américaine. Plongée dans l'enfer du conflit syrien pendant trois ans, son idéalisme ébranlé s'est suturé derrière une ambition affirmée. Ne pas se cantonner à un rôle de témoin passif, à cette presse charognarde qu'elle déteste mais aider. Tendre une main, offrir une voix, une présence, de l'amour, rendre un brin de dignité à ceux qui en sont privés. Sa spécialité ? La lie de ce monde. Elle couvre ce que personne d'autre n'a envie de couvrir, elle dévoile ce que le monde souhaite oublier, elle offre un visage et une voix à ceux qui en manquent. Son truc, ce sont les conflits, les guerres, les catastrophes, tout ce qui fait mal, qui sent le sang et la détresse. Tout ce qu'on tait aussi, parfois. Sa première affection (très courte, une sorte de test) l'a fortement ébranlée : Evie a été témoin d'un massacre dans la corne de l'Afrique qu'aucun média n'a jamais relayé, aucun. Elle a pourtant rédigé une dépêche qui n'a intéressé personne dans une région aussi reculée, avec comme victimes les membres d'une tribu quasi-inconnue. Evie a vu des mômes squelettiques se faire charcuter à la machette et l'Occident s'est contenté de fermer les yeux. Il ne lui en a pas fallu plus pour trouver sa vocation et en être certaine. Ce n'est pas rose, ce n'est pas joyeux, ce n'est pas gai. Mais c'est la vie et se voiler la face, c'est trop facile. Dévouée à son métier, Evie ne supporte pas l'étroitesse d'esprit et la mesquinerie d'une bourgeoisie enlisée dans son petit confort à qui elle a envie d'hurler, à qui elle rêve d'expliquer crûment ce que la guerre signifie, comment elle tranche, charcute, explose, éviscère, éventre, égorge, tue, assassine, estropie, handicape, détruit tout des chairs et des âmes. La crise des migrants la tue, le terrorisme la flingue, elle vomit la guerre en Syrie et toutes ces vies volées, le Moyen-Orient sacrifié et ces pays pauvres, en détresse, à l'autre bout du globe que personne n'évoque jamais. Être reporter, ce n'est pas facile. C'est dur pour les nerfs, c'est dur pour le coeur, pour l'âme mais aussi pour les autres, qui voient Evie doucement s'éloigner d'eux, irrémédiablement, dans les abysses ténébreuses qu'il est préférable de ne jamais rejoindre. Personne ne peut réaliser l'étendue des horreurs quotidiennes dont elle a été est témoin, et combien cela marque de façon indélébile. Mais là-bas, elle l'a trouvé, lui. Son phare, son amour, son âme soeur, son tout. Ethan. Un homme de bonne famille perdu dans les quartiers rebelles bombardés, occupés à soigner, à nourrir, à aider, à aimer, tous ces gosses sacrifiés pour une cause qui leur échappe. Evie est tombée amoureuse comme on tombe d'une chaise. Brutalement. Douloureusement. Ethan était tout ce qu'elle avait toujours cherché, un homme qui partage ses convictions, passionné et obstiné, une version achevée d'elle-même, une extension de son propre être qui se aurait vécu une enfance moins douloureuse. Il est elle, mais en mieux. Il respire cette assurance qui lui fait défaut, cette autorité qui fait déplacer les montagne et supprimer les barrages et les difficultés. Ethan est un magicien qui rend le monde meilleur, qui vous élève par sa seule présence et elle, elle a été touchée par le divin. Ils se sont aimés au milieu des bombes et des morts, aimés envers et contre tous. Aimés dans le sang, les cendres, les pleurs et les rires aussi, parfois, d'une population qui refuse de capituler. Ils se sont aimés d'une façon branlante et pourtant absolue. Ils ont résisté à tout jusqu'à ce que l'horreur les frappe en leur sein.

07. Tout est flou dans la tête d'Evie. Flou et strident, au goût métallique du sang. Il y a eu cet accident au bord d'une route désertée près de Rakka. Une femme désemparée et des gamins en sang. Ils ont voulu s'arrêter, naturellement. On leur a déconseillé, le chauffeur, l'interprète, tous ont plaidé pour foncer. Cela pouvait être un piège, eux, ils savaient. Mais ils n'ont rien entendu, Evie et Ethan, aveuglés par leurs coeurs lourds d'une guerre atroce et cette volonté inébranlable de venir en aide, de tendre une main amie, de chasser la tragédie derrière un voile d'espoir. La voiture s'est arrêtée et les coups de feu ont retenté, venant d'hommes sortis de nulle part, vêtus de noir, hurlant des insanités qu'Evie commençait à comprendre. Tout est noir, après. Elle ne se souvient que du bruit des balles qui frôlent et déchirent la tôle comme les corps. Elle revoit dans un flash la tête à moitié arrachée de cet interprète qui fut un ami durant deux ans et sent encore le poids de la culpabilité, acide, enserrer son coeur. Puis c'est le vide le plus complet. Ils émergent dans une salle sombre, sales et courbaturés. Mais ensemble. C'est ce qui compte, c'est ce qui les pousse à résister à tout. Leurs mains liées, leurs mots susurrés d'une gorge sèche. Mais ça ne dure pas. Les bourreaux les séparent et ils ne se retrouvent que de façon fugace, pour ces orchestrations macabres. Les films de propagande montrant les prisonniers occidentaux, les revendications toujours plus nombreuses, les menaces de mort, les coups, les privations. La plupart sont des gosses qui jouent à faire peur, des gamins qui portent des armes et distribuent la mort comme d'autres des sourires. L'enfer a duré quatre mois, mais ça aurait pu être quatre ans tant la notion même de temps perd tout son sens dans ces geôles sordides dévolues aux fanatiques. Au début, Evie a essayé de les raisonner, mais on ne peut raisonner des monstres. Elle a tenté d'expliquer qu'elle était venue ici pour aider, qu'elle n'approuvait pas la politique menée par son pays, qu'elle venait justement montrer le sort d'une population civile piégée entre deux feux mortels, mais rien n'y a fait. Et les Etats-Unis sont restés sourds aux appels de leurs ravisseurs : ils ne négocient pas avec les terroristes. Evie n'a pas eu peur de sa propre mort, de sa fin inéluctable, c'est l'idée même de perdre Ethan qui la tuait à petit feu. Il y a eu cette fois, marquée au fer rouge. Une énième vidéo de mise en scène. Lui à genoux dans sa combinaison orange, elle en spectatrice impuissante devant des fanatiques galvanisés. Ils ont menacé une dernière fois de les tuer. De le tuer, lui l'enfant prodige, le fils de bonne famille. Ethan a été arrosé d'essence et Evie se rappelle avoir hurlé comme un animal blessé, convaincue qu'il allait mourir de la plus atroce des façons. Sous ses yeux. Elle a crié jusqu'à en avoir les cordes vocales éraillées, elle a crié jusqu'à ce que les coups lui fassent perdre connaissance. Elle a crié encore à son réveil, sans savoir si Ethan était mort ou vivant, présumant le pire. Mais c'est là qu'ils ont été conduits à la frontière turque, sans explication. Puis escortés jusqu'en Grèce par des miliciens intimidants pour y rencontrer en toute discrétion l'Ambassadeur américain à Athènes. La famille d'Ethan avait payé. Il ne cautionnait pas, cet argent servait à détruire et tuer mais il comprenait. Ils ont été accueillis aux Etats-Unis, pris en charge par un psychiatre de l'armée américaine avant d'abandonner le terrain pour le cocon des Hamptons. Dans la famille d'Ethan, Evie a tenté de se reconstruire. De les reconstruire. Elle y est parvenue, partiellement, en laissant derrière elle tout ce qu'elle fut comme une mue trop douloureuse. Néanmoins, elle l'a perdu, lui, dans la bataille. Cela fait un an qu'ils sont revenus et huit mois que leur relation est au point mort car leurs reconstructions respectives ont pris des chemins divergents. Evie, la fragile Evie, souffre d'une forme assez sévère de stress post-traumatique et pour guérir, pour combattre cette peur qui la dévore, elle s'est séparée de sa vocation qui l'a trahie et s'est dirigée dans un domaine plus superficiel, plus confortable. Un domaine qui lui faisait horreur : la mode. Elle ferme les yeux, elle s'oublie là où Ethan, si digne, a la force de se remettre, de continuer son combat. Il est engagé dans une association de victimes du terrorisme et aide les familles de ceux qui n'ont pas eu leur chance tout en travaillant à mi-temps au siège de l'ONU. Si la famille de son petit ami est un soutien constant, indéfectible, Ethan ne peut plus croiser son regard. Evie croit (à tort) qu'il la méprise mais la réalité est plus compliquée. Tous deux se rappellent un traumatisme douloureux qui fait mal et qui les a brisés, eux et leur couple. Elle souffre de son indifférence de façade, elle souffre de son absence de gestes tendres, de baisers, de regards : Ethan ne la touche plus, sauf dans de rares moments précieux, souvent en pleine nuit, où ils se raccrochent l'un à l'autre comme si rien d'autre ne comptait même si au matin, ils réalisent que ce cauchemar qui paraissait si faux dans le creux de l'obscurité est leur réalité. Malgré la déliquescence d'un amour jusqu'à là invincible, la confusion des sentiments demeure car un lien inviolable les lie à jamais : ils ont vécu la même chose. Seul l'autre est en mesure d'écouter, de comprendre sans un mot, seul l'autre peut apaiser car il connaît cette horreur décrite, il ne peut pas être choqué, blessé, pris d'une pitié qui fait plus mal encore que le reste. Malgré le naufrage de leur si bel amour, ils restent un phare pris dans la tempête d'une relation interdépendante en demi-teinte. Quelque part entre une tendresse infinie, des relents de désir et de culpabilité, de regrets et de souffrance, et parfois, un profond dégoût de l'autre jusqu'à la colère, la haine.

08. Si elle continue à consulter un psychiatre et prend fréquemment des somnifères ou des anti-dépresseurs lorsqu'elle sent une angoisse paranoïaque lui nouer les tripes, Evie va mieux. Presque bien, même, et son salut, elle ne le doit qu'à son métier, qui lui a offert un nouveau but, un nouvel échappatoire. Avant, ses photos trônaient dans des magasines d'actualité, dans des expositions dédiées aux reportages les plus sincères, elle gagnaient même des prix et permettaient d'éveiller la conscience. Aujourd'hui, c'est très différent. Après avoir capturé l'horreur, elle saisit la beauté et se noyer dans son job est une façon de s'oublier, de se réinventer, loin du Moyen-Orient, là où une partie d'elle essentielle demeure encore. (à réécrire. Evie ne l'aurait jamais cru mais elle aime son nouveau métier, bien que la mode la laisse de marbre et qu'elle déplore de nombreux travers de cette industrie. Elle aime complimenter ces filles et ces garçons anxieux, convaincus de ne pas être aussi biens que leurs voisins, elle aime à les mettre en valeur, capturer leurs essences même, les sublimer. Elle aime l'effervescence, la créativité qu'on lui octroie et ce monde d'ordre et de beauté, loin du chaos. Surtout, elle aime les rencontres qu'elle y a fait, des gens qui ignorent son engagement passé, ses failles et ses plaies à jamais ouvertes. Avec eux, il est plus facile de s'ouvrir (un peu), de s'extraire d'un carcan fait de plomb. Et puis, il y a elle. Sa mannequin fétiche...)

09. Evie est un être sensible, qui s'est durant toute son enfance épanouie dans diverses formes d'art. Les photos bien sûr, son grand amour. Les mots médicaments couchés sur du papier et la peinture. Des peintures vives et gaies, loin de son âme ternie et grises. Et la danse. Evie a toujours aimé danser. Cette forme d'expression, libre et intense, silencieuse et implicite a longtemps été pour elle une forme d'abandon complet. Comme si Evie n'était plus Evie dès lors que la musique s'enclenchait mais autre chose. Une chimère, une illusion, un feu follet onirique ou une brise éphémère, douce et chaude. Danser à ses yeux, c'est plus fort que vivre, plus fort que sa vie en tout cas, c'est sublimer son existence et son quotidien et s'oublier profondément, totalement au profit des sensations. Quand elle danse, elle ne pense plus, elle ne prétend plus, elle se contente de ressentir, d'éprouver et c'est si rare que ça en devient quelque chose d'enivrant, d'exaltant. Evie a commencé comme tous les enfants, petit rat d'opéra si fière de son tutu et de son chignon sage, heureuse de s'imaginer dans Casse-noisettes, Cendrillon ou le Lac des cygnes avant de réaliser que la rigueur de la danse classique et l'autorité sévère de sa professeur ne lui permettaient pas de s'épanouir tout à fait. Trop rigide, la danse classique ne lui offrait pas l'abandon, le refuge qu'elle recherchait et très vite, Evie a abandonné (définitivement) le tutu et les pointes douloureuses pour la danse contemporaine, véritable moyen d'expression. Si elle aime à danser, elle apprécie aussi de chorégraphier, de se raconter en mouvements amples et gracieux et finalement, de dévoiler une histoire, qu'elle soit sienne ou parfaitement romancée. C'est une véritable thérapie, que beaucoup ignorent. Sauf à l'adolescence où suivre des cours lui a été interdit par son père (ce qui n'a l'a jamais empêchée de s'exercer dans l'intimité toute relative de sa chambre), Evie n'a jamais cessé. Si la danse contemporaine est sa danse de prédilection, elle a suivi de nombreux stages d'été et continue à s'améliorer et à se diversifier. Elle aime notamment beaucoup les danses latines. Rumba, tango argentin, paso doble, salsa et surtout le jive.

10. Evie déteste viscéralement la solitude et l'obscurité. Dans le silence, il y a quelque chose d'intrinsèquement angoissant sur lequel elle est incapable de mettre un mot. Peut-être est-ce seulement des souvenirs, le silence qui précédait toujours la tempête paternelle ou qui la suivait, après les cris et les coups. Peut-être le silence de l'incertitude, ces longues secondes où elle a cru Ethan perdu pour toujours, brûlé vif par des hommes lobotomisés convaincus de mener une guerre perdue d'avance mais Evie a besoin d'être entourée. Très indépendante dans ses choix de vie, elle l'est beaucoup moins avec ceux qui la peuplent, qu'elle colonise sans le réaliser. Elle a besoin d'eux, de leurs mots, de leurs regards, de leur amour. Elle a besoin de compter, de se sentir vivante même si ce n'est que par procuration, à travers eux. Elle aime le bruit constant de vie qui rebondit sur les murs pour venir les frapper, les éclats de rire et les engueulades, la musique trop forte et les bruits dissonants de la cuisine ou d'un aspirateur. Peu lui importe tant que cela mure le silence dans l'oubli. De la même façon, elle est le genre à allumer toutes les lumières, au maximum, à éclairer les pièces de la maison plus que de raison, à ajouter de jolies lampes et des bougies parfumées partout et à ne jamais fermer ses volets entièrement, pour laisser filtrer la lune et les étoiles mais surtout la douce chaleur de l'aube. Evie a besoin de bruit, de lumière et de monde comme d'autres nécessitent de l'oxygène. ★ Conciliante, souriante et toujours disponible, ses amis sont légion même si tous (officiellement du moins) ignorent tout ou une large partie son histoire. Il est difficile de deviner ce par quoi est passé Evie quand on la côtoie au quotidien, aussi lumineuse en surface qu'elle est inaccessible en substance. Avec sa tendresse ineffable, sa silhouette fragile tout en creux délicats et ses grands yeux velours qui semblaient pouvoir ensorceler en un battement de paupière, il est impossible d'apercevoir autre chose qu'une fille à la grâce inconsciente, profondément gentille et dénuée de la moindre complication. Peut-être même de complexité, aux dires de certains. Evie est de ces femmes qu'on imagine connaître par coeur en un regard parce qu'elle ne cache rien. Elle a l'air sincère, désarmée et désarmante et ce que l'on prend aisément pour une faiblesse est en réalité sa plus grande force. Evie se dit beaucoup, facilement, mais en réalité elle ne se raconte jamais. Elle se cache dans tous les mots qu'elle laisse deviner, elle vous laisse à la porte derrière sa forteresse alors même que vous pensez être au coeur de son âme éthérée. Rien de ce qu'elle est, rien de ce qu'elle offre n'est faux mais ce n'est pas vrai pour autant, seulement l'un des centaines de reflets ambrés qui la composent. Les plus polis. Les autres n'appartiennent rien qu'à elle et Evie ne se livre pas. Par peur de faire fuir, bien entendu, mais surtout par volonté de se reconstruire, d'oublier bien que ça soit impossible. Alors parfois, souvent, elle entre dans vos danses, se fait qui elle n'est pas pour plaire davantage ou taire les doutes insidieux qui rongeront sa divine comédie. ★ Influençable, Evie est prête à beaucoup pour recevoir l'attention de laquelle elle se nourrit. Elle est différente avec chacun et à la fois toujours elle-même. On la dit gentille, généreuse, parfois trop conciliante. Evie élève rarement la voix, elle sourit de ce qui devrait être un sujet de conflit et recule dès que les tensions grimpent pour mieux étouffer les flammes (sauf avec Ethan). Médiateur constant, pour elle comme pour les autres, Evie est la nana qui vous prêtera de l'argent, viendra vous chercher à quatre heures du matin et ne découvrira jamais que vous la trompez. Elle a cette tendance maladive, obsessionnelle, à s'effacer au profit des autres, à faire de leurs envies les siennes et à satisfaire tout le monde, tout le temps. On pourrait la croire hypocrite et pourtant jamais cet adjectif n'a été utilisé pour la qualifier tant elle met du coeur à l'ouvrage et semble sincèrement ravie (et elle l'est, sans aucun doute) de se plier en quatre, en douze, en mille pour les autres. Tous les autres.

pseudo|prénom écrire ici. âge|lieu de résidence écrire ici. avatar alicia vikander. fréquence de connexion quotidienne sauf cette semaine qui s'annonce tendue, je reviens vendredi soir en tout cas :I love you nature du lien inventé. commentaires|autres écrire ici. crédits alicia vikander, tumblr. nikita gill.


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Dernière édition par Evie Callaghan le Mer 21 Déc - 17:29, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mar 15 Nov - 19:57

Phoebe! Très bon choix de pré-lien! I love you
Bienvenue et bon courage pour ta fiche.
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mar 15 Nov - 19:59

La plus belle !

Bienvenue officiellement sur le forum ! I love you
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mar 15 Nov - 20:02

Ce choix de pré-lien, il nous faudra un lien.
Bienvenue parmi nous et amuse toi bien.
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mar 15 Nov - 20:12

Merci les loulous

Suki, hell yes,

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I walked across an empty land, I knew the pathway like the back of my hand. I felt the earth beneath my feet, Sat by the river and it made me complete. Oh simple thing, where have you gone ? I'm getting old and I need something to rely on. So tell me when you're gonna let me in, I'm getting tired and I need somewhere to begin. This could be the end of everything, So why don't we go Somewhere only we know ?

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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mar 15 Nov - 20:40

Bienvenue, et bon courage pour ta fiche.
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mar 15 Nov - 21:21

bienvenue et bonne chance pour ta fiche
très bon choix de pré-lien
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mar 15 Nov - 21:48

Graou, mille mercis

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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mar 15 Nov - 23:57

J'aime tellement le pseudo.
Bienvenue parmi nous.
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mer 16 Nov - 0:01

Aw merci, j'hésitais à le changer justement je trouvais que le nom de famille sonnait trop sévère pour ma pitchoune (et moi je suis amoureuse de ton avatar )

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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mer 16 Nov - 0:50

Bon... J'ai lu, j'ai vaincu et j'ai adoré ! C'est merveilleusement bien écrit, j'ai aimé ta Evie un peu plus après chaque partie, on comprend parfaitement son histoire et j'ai adoré te lire ! Je donne mon aval avec grand plaisir et j'ai vraiment hâte de pouvoir commencer à RP avec toi ! I love you
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mer 16 Nov - 1:22

Heureuse que ça te plaise, c'est l'essentiel

Hâte de faire vivre nos bébés

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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mer 16 Nov - 1:26

Me too !
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mer 16 Nov - 11:14

Quelle fiche.
Je valide, bon jeu.

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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Mer 16 Nov - 12:16

Merci ma belle

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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Jeu 22 Déc - 23:30

Je t'avais même pas souhaité la bienvenue


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Le mystère de tes yeux là, ce petit mystère il tient à quoi ? I'm in too deep I'm alone, when I need you most, you'll be gone, deep blue sea. Will you take me home? Watch me drown or let me flow?
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Ven 23 Déc - 10:36

 elle est belle Evie
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MessageSujet: Re: i'm the fury in your head (evie)   Ven 23 Déc - 16:08

oui, elle a récupéré la tête avec laquelle elle a été pensée

Contente de te voir toujours là

Pour ma part, il me reste un point à boucler (le métier avait été choisi en fonction de Renata puisque j'ai pris son lien et j'aimerais modifier ça), je rentre tout juste de Paris, je suis #dead et je dois repartir donc je ne promets pas de finir ce soir mais sinon, ce sera demain sans faute

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